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Lissages brésilien, tanin, japonais : différences et précautions à connaître

Par Solange Publié le · mis à jour le · 9 min de lecture

lissage tanin

Lissage brésilien, lissage au tanin ou lissage japonais : ces appellations désignent des approches différentes, mais elles ne suffisent pas à connaître la composition d’un produit ni ses risques. Avant de choisir, il faut comprendre le résultat recherché, demander la référence exacte du traitement et consulter les précautions officielles, notamment celles concernant l’acide glyoxylique.

Obtenir des cheveux plus lisses peut répondre à des attentes très différentes : limiter les frisottis, assouplir une texture, faciliter la mise en forme ou obtenir un changement durable de la structure capillaire. Pourtant, les noms employés dans les salons regroupent parfois des formules et des protocoles variés. La même appellation commerciale ne garantit ni la même durée, ni le même effet, ni la même sécurité.

Le choix ne doit pas se faire uniquement à partir de photographies avant/après ou de la promesse d’un résultat qui dure plusieurs mois. La nature du cheveu, son historique de coloration, la chaleur utilisée, les ingrédients et les avertissements du fabricant sont des informations essentielles. Un diagnostic professionnel préalable est particulièrement important lorsque la fibre a été fragilisée par plusieurs traitements.

Dans cet article

Comprendre les grandes familles de lissage

Les appellations « brésilien », « au tanin », « à la kératine » et « japonais » désignent des familles commerciales ou des pratiques de salon. Elles ne correspondent pas toujours à une recette unique. Un protocole peut chercher à réduire les frisottis, un autre à modifier plus fortement la forme du cheveu. Il faut donc distinguer l’effet esthétique annoncé, les moyens utilisés et la composition exacte de la préparation.

Le lissage dit brésilien

Il est souvent présenté comme un traitement visant à assouplir la chevelure et à réduire les frisottis, parfois avec une mise en forme à la chaleur. Toutefois, les procédés et les ingrédients varient selon les produits. Il est incorrect d’affirmer que tous les lissages brésiliens seraient « sans formol », entièrement nutritifs ou adaptés à toutes les textures. Une appellation ne remplace pas la liste d’ingrédients d’un produit identifié.

Certains produits de cette famille ont notamment fait l’objet d’alertes sanitaires en raison de leur teneur en acide glyoxylique. Cela ne signifie pas que tous les produits appelés « lissage brésilien » ont cette composition. En revanche, un salon doit pouvoir identifier les références utilisées et présenter les informations de sécurité disponibles.

Le lissage au tanin

L’expression « lissage au tanin » met en avant une approche commerciale associée à certains ingrédients ou extraits, mais elle ne démontre pas que la formule est naturelle au sens d’une certification reconnue, qu’elle exclut toute substance préoccupante ou qu’elle est sans danger. La promesse « 100 % bio » ne peut pas être généralisée à l’ensemble des traitements portant ce nom.

Le résultat, la durée et les besoins d’entretien dépendent de la formule précise, du protocole suivi et de la chevelure. Une personne dont les cheveux sont très bouclés ne peut pas se voir garantir le même résultat qu’une autre sur la seule base du mot « tanin ». Demandez la composition et les instructions du produit proposé plutôt que de vous fier uniquement à la dénomination de la prestation.

Le traitement à la kératine

La kératine est une protéine constitutive de la fibre capillaire, mais la présence de ce mot dans le nom d’un traitement ne permet pas de connaître l’ensemble des composants de la formule. Certains soins visent surtout l’apparence et la discipline du cheveu, d’autres s’inscrivent dans des protocoles lissants plus complexes. Ne supposez pas qu’un « soin kératine » exclut une action chimique ou l’utilisation importante de chaleur.

Si vous recherchez simplement une coiffure plus souple, demandez si le résultat peut être obtenu avec un soin cosmétique, un brushing ou une technique moins engageante. Si vous souhaitez un lissage plus durable, interrogez le coiffeur sur ses contraintes et ses effets possibles sur la texture initiale, en particulier lorsqu’une nouvelle coloration est envisagée.

Le lissage japonais

Le terme renvoie couramment à des procédés de défrisage ou de lissage durable modifiant la forme des cheveux au moyen de traitements techniques. Leur mécanisme ne se confond pas avec celui d’un simple soin de surface. Le résultat peut être durable sur les parties traitées, tandis que les nouvelles repousses gardent leur texture naturelle. Il est donc trompeur de promettre que toute la chevelure restera définitivement identique.

Ce type de technique doit être évalué avec attention lorsque les cheveux ont déjà été décolorés, colorés ou sensibilisés. Le professionnel doit vérifier la compatibilité du protocole avec l’état du cheveu, expliquer les limites, les soins d’entretien et ce qu’implique la repousse. Une procédure techniquement exigeante n’est pas à improviser à domicile.

Pour mieux comprendre l’impact des traitements antérieurs, consultez aussi notre article sur les erreurs à éviter lors de la décoloration des cheveux. Cette lecture complète le diagnostic professionnel nécessaire avant un lissage.

Pourquoi la composition compte davantage que le nom

Une dénomination commerciale n’est pas une preuve d’innocuité. Pour comprendre ce qui sera appliqué, demandez la marque et la référence du produit, sa liste d’ingrédients, les avertissements, les conditions d’utilisation et les éventuelles restrictions. Si ces informations ne peuvent pas être fournies, mieux vaut différer la prestation plutôt que de s’appuyer sur une simple garantie orale.

L’étiquette et les instructions du fabricant permettent de vérifier la présence d’ingrédients identifiés et les précautions associées. Elles doivent être interprétées correctement : un mot comme « naturel », « doux », « végétal » ou « sans formol » n’établit pas, à lui seul, l’absence de risques. Une exposition à certains produits peut aussi dépendre de l’usage de chaleur, de la ventilation et des conditions professionnelles d’application.

La DGCCRF a publié une alerte officielle sur des traitements contenant de l’acide glyoxylique. Cette information invite à examiner les produits précis, sans conclure qu’une catégorie commerciale entière contient nécessairement cette substance.

Quels résultats attendre et pendant combien de temps ?

Le rendu dépend du type de procédé, de la formule, du diagnostic et de la texture. Un soin visant surtout la discipline des cheveux n’a pas la même ambition qu’une technique de modification durable de leur forme. Le résultat montré au salon peut également inclure un brushing ou l’usage de plaques chauffantes : demandez ce qui restera lorsque les cheveux seront lavés et séchés dans leurs conditions habituelles.

Il n’existe pas de durée universelle à attribuer à tous les traitements dits brésiliens, au tanin ou à la kératine. Les annonces de « deux à quatre mois » ou de « six mois garantis » nécessitent une source propre au produit concerné et à ses conditions d’utilisation. Les changements de routine, la fréquence des lavages, la repousse et l’état de la fibre peuvent modifier l’apparence finale.

Les parties ayant subi une modification durable de leur structure ne redeviennent pas nécessairement identiques à leur état initial. En revanche, de nouveaux cheveux poussent avec leurs caractéristiques naturelles. Avant de choisir, demandez comment la transition sera gérée et si des interventions d’entretien seront nécessaires.

L’alerte officielle sur l’acide glyoxylique et les reins

Le 16 octobre 2024, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, la Direction générale de la santé et l’Anses ont alerté les professionnels et les utilisateurs sur des cas d’insuffisance rénale aiguë survenus après l’utilisation de certains produits de lissage contenant de l’acide glyoxylique. Les autorités ont alors déconseillé l’utilisation de produits lissants contenant cette substance, dans l’attente de l’expertise engagée.

Cette alerte est précisément liée à un ingrédient et à des produits concernés, non au seul nom d’une prestation. Un lissage commercialisé comme « brésilien » ne peut être déclaré dangereux ou sûr sur la seule base de son appellation. C’est pourquoi il faut identifier le produit, examiner la composition et tenir compte des recommandations sanitaires actualisées.

Dans sa publication de Vigil’Anses de mai 2025 consacrée au lissage brésilien, l’Anses revient sur les signalements et explique qu’une relation entre l’exposition à l’acide glyoxylique et certaines atteintes rénales est considérée comme fortement probable. Ce document détaille les préoccupations sanitaires liées à cette substance, sans permettre d’affirmer que chaque lissage du marché possède le même profil.

La prudence s’impose particulièrement lorsque la composition d’un traitement n’est pas disponible ou lorsque le salon ne peut expliquer les avertissements figurant dans les documents du fabricant. Un discours promettant un lissage « naturel donc sans danger », ou garantissant qu’une appellation commerciale exclut tout risque, ne remplace jamais une information vérifiable.

Quels symptômes doivent conduire à consulter ?

Dans leur alerte sanitaire du 16 octobre 2024, les autorités indiquent que des douleurs abdominales ou lombaires, des nausées ou des vomissements peuvent apparaître dans les heures suivant une exposition à un produit concerné. En présence de ces symptômes après un lissage, elles recommandent de consulter rapidement un médecin ou de contacter un centre antipoison en mentionnant le traitement réalisé.

Cette information vise à orienter vers une prise en charge, et non à poser un diagnostic. De nombreux symptômes peuvent avoir d’autres causes. Seul un professionnel de santé peut évaluer la situation de la personne, ses antécédents et les examens éventuellement nécessaires. Il est utile de conserver le nom du produit et les informations remises par le salon pour les communiquer au médecin.

Les questions à poser avant de prendre rendez-vous

Un bon échange avant un traitement lissant permet de lever plusieurs incertitudes : quel résultat espérez-vous, quels traitements vos cheveux ont-ils déjà subis et quelles contraintes d’entretien acceptez-vous ? Le professionnel doit pouvoir expliquer ce qui est réalisable, notamment sur une fibre sensibilisée. Si le protocole repose sur l’application d’un produit dont l’identité demeure imprécise, demandez une clarification avant de vous engager.

Si votre fibre capillaire est déjà fragilisée, vous pouvez également consulter nos conseils sur l’entretien des cheveux abîmés. Ces gestes généraux ne suffisent toutefois pas à établir la compatibilité d’un traitement chimique.

  • Quel est le nom exact du produit utilisé ? Demandez la marque, la référence, la liste d’ingrédients et les avertissements qui l’accompagnent.
  • Quel est le principe du traitement ? S’agit-il d’un soin de discipline, d’une transformation plus durable, ou d’une mise en forme temporaire avec chaleur ?
  • Le produit comporte-t-il des ingrédients faisant l’objet d’alertes ? Demandez notamment des précisions sur l’acide glyoxylique et les recommandations sanitaires applicables.
  • Quels sont les effets attendus sur votre texture et la repousse ? Distinguez le rendu après brushing du résultat réaliste au quotidien.
  • Quel entretien est nécessaire ? Demandez les consignes du fabricant, les précautions et les limites sans vous fier à une durée garantie.
  • Quels sont les risques particuliers pour vos cheveux ? Signalez les décolorations, colorations et traitements antérieurs afin de permettre un diagnostic adapté.

Ces questions ne remplacent pas une expertise technique ou sanitaire, mais elles permettent de choisir en connaissance de cause. Si le salon refuse de communiquer la référence du produit ou minimise sans justification les précautions d’emploi, vous pouvez renoncer ou demander un second avis.

Comparer les techniques sans confondre promesse et preuve

Type de prestationObjectif généralement recherchéCe qu’il faut vérifier
Lissage dit brésilienAssouplissement, discipline ou réduction des frisottis, selon produitComposition précise, chaleur, alertes sanitaires, durée annoncée
Lissage au taninEffet lissant ou disciplinant variable selon formuleIngrédients, preuves des allégations et protocole
Soin dit à la kératineAspect plus souple ou discipliné, selon soinNature du traitement, formule et différences avec un lissage technique
Lissage japonaisModification durable de la forme du cheveu traitéCompatibilité avec l’historique capillaire, repousse et entretien

Ce tableau décrit des intentions courantes, pas une composition universelle. Il ne constitue pas une recommandation d’un procédé ou d’un produit particulier. Un diagnostic professionnel et la vérification des documents du fabricant restent indispensables, tout comme la prise en compte des recommandations des autorités sanitaires.

Questions fréquentes sur les lissages

Un lissage au tanin est-il forcément naturel et sans risque ?

Non. Le nom commercial ne suffit pas à établir la composition, une certification ou l’innocuité. Il faut connaître le produit exact, ses ingrédients et ses précautions. Le mot « naturel » ne garantit pas qu’un traitement convient à toutes les personnes.

Peut-on savoir si un produit contient de l’acide glyoxylique ?

La première étape consiste à demander la référence exacte et à examiner la liste d’ingrédients et les informations officielles disponibles sur le produit. Si ces documents sont indisponibles ou ambigus, demandez conseil à un professionnel compétent et évitez d’accepter une simple garantie orale.

Le lissage japonais est-il définitif ?

La transformation des parties traitées peut être durable, mais les cheveux qui repoussent conservent leur texture naturelle. Le résultat d’ensemble évolue donc avec la repousse, et les contraintes d’entretien doivent être expliquées avant la prestation.

Que faire si l’on se sent mal après un lissage ?

Si des symptômes inhabituels apparaissent dans les heures suivant un traitement, en particulier ceux décrits dans l’alerte officielle sur l’acide glyoxylique, consultez rapidement un médecin ou contactez un centre antipoison, en indiquant le produit utilisé. Ne tentez pas de déterminer seul si les symptômes sont liés au lissage.

À retenir : pour choisir un traitement lissant, fiez-vous d’abord à la référence du produit, à sa composition documentée, au diagnostic de vos cheveux et aux avertissements applicables. Une appellation rassurante ou un résultat spectaculaire sur une photographie ne remplace ni une information technique précise ni les alertes des autorités sanitaires.

Sources : DGCCRF, DGS et Anses, alerte du 16 octobre 2024 ; Vigil’Anses n° 25, mai 2025. Ces références doivent être revérifiées avant toute mise en ligne pour tenir compte des éventuelles évolutions réglementaires ou sanitaires.

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